Pour accueillir la tristesse de ton enfant, tout commence par la tienne. Quand il pleure, tu sens peut-être parfois monter l’agacement, puis ta voix se durcir. Tu es presque sur le point de sortir une phrase que tu as déjà entendue, comme : « Arrête, ce n’est pas grave. »
Si cela te parle, tu n’es pas seul(e). Ce réflexe a une histoire, et tu peux apprendre à l’écouter.

Pourquoi il est difficile d’accueillir la tristesse aujourd’hui
Notre génération de parents a grandi avec des consignes claires. Les garçons ne pleurent pas. Les filles ne font pas de drame ou ne pleurent pas pour rien. Elles ont parfois entendu des phrases comme « Je vais te donner une vraie raison de pleurer. » Pourtant, personne ne voulait nous faire du mal. Nos parents avaient reçu les mêmes consignes, et ils avaient peu d’outils pour faire autrement.
La tristesse est une émotion que tous les humains connaissent. Ainsi, quand elle n’avait pas de place, elle s’est enfouie, loin de notre regard. La colère, avec le temps, est devenue plus facile à montrer. Elle donne de l’élan et elle remet debout. Elle est donc devenue un pare-feu : on la place devant ce qui est trop fragile pour être vu.
La colère protège ce qui est fragile.
La colère face aux larmes de ton enfant
Les larmes de ton enfant touchent un endroit que tu as appris à protéger. Ton corps réagit avant ta réflexion, et la colère se lève, comme elle l’a toujours fait. Ce n’est ni un manque d’amour, ni un défaut de caractère. C’est un réflexe ancien, construit pour te protéger quand tu étais petit(e).
Accueillir la tristesse commence par toi
On a souvent envie de chercher tout de suite la bonne phrase à dire à son enfant. Pourtant, il est difficile d’offrir une place que l’on n’a jamais eue pour soi. Car la tristesse de ton enfance est restée là, en attente. Tant qu’elle n’a pas de place, elle se montre autrement : une irritation, une impatience, un besoin que « ça s’arrête vite ».
Alors le premier geste se tourne vers toi. Il consiste à accueillir la tristesse de l’enfant que tu as été, avant celle de ton enfant.
Trois gestes pour accueillir la tristesse en toi
Tu n’as pas besoin de remonter tout ton passé. D’abord, trois petits gestes suffisent pour commencer.
Repère le moment où la colère se lève
Où la sens-tu dans ton corps ? Observe la gorge, le ventre ou les épaules, sans te juger.
Nomme ce qu’il y a dessous
Dis-toi tout bas : « Je suis triste. » Tu peux aussi dire : « Quand j’étais petit(e), j’aurais eu besoin qu’on m’écoute. » Laisse la phrase exister, même si elle paraît étrange.
Accueille ce que tu ressens
Entoure-toi de tes bras, ferme les yeux et respire. Reste ainsi pendant quelques respirations.
je peux m’accueillir maintenant. »
Tu peux répéter cette phrase en tapotant doucement les points d’acupression EFT. Parle de ce que tu ressens toi, pas de ce que ressent ton enfant.
Accueillir la tristesse de ton enfant, ensuite
Quand ta propre tristesse a un peu de place, celle de ton enfant est moins dérangeante. Tu peux alors la nommer sans juger : « Je vois que tu as de la peine. » Ensuite, reste à sa hauteur et laisse les larmes passer sans chercher à les arrêter. Il te regarde faire, et il apprend qu’une émotion forte peut se traverser sans avoir peur d’elle.
Le geste de Kanda
Kanda s’enlace, respire, et laisse l’émotion passer.
Chez Doudou Zen, Kanda l’ourson polaire accompagne les enfants dans les émotions qui les dépassent. Son geste est simple, car les enfants le reproduisent tout de suite. Les parents aussi.
Ce geste n’efface pas le passé, mais il ouvre un espace, ici et maintenant, pour accueillir la tristesse quand elle est là. Tu peux découvrir Kanda et son univers.
Une question pour toi
Est-ce que ta tristesse a été accueillie avec tendresse et réconfort quand tu étais enfant ?
Tu peux partager ta réponse en commentaire, ou la garder pour toi. Elle t’appartient.
